Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille...
Louis Aragon
C'est maintenant par là........*
Ô combien de fois
N'ai-je retenu mes doigts
Les glisser..... Désir fou
De ta joue à ton cou
Mais je suis malgré tout timide
Et avant que je me décide
Les poules auront des dents
Et moi quatre-vingts ans !
Ton coeur sur la table
L'oreillette et tes ventricules
Je regarde
et je songe
A toutes ces femmes qui passent
Dans ton coeur , jolies limaces
En y laissant des traces
A toutes celles dont je ne serai pas...
Comme rêve une enfant
A son prince charmant
Elle...
Suspendue
Au dessus de tes songes
Lui...
Lové
Au profond de mes rêves
Nos routes se croisent
S'entrecoisent
Nos mains ne s'enlacent pas encore
Ni nos corps
Ne s'étreignent
Nos regards
Ne s'embrasent
Ni nos voix
Se caressent
Et pourtant...
J'ai enfilé des bas sous mon jean noir.... Cela faisait longtemps que cela ne m'était arrivé, surtout dès le matin... Dans le bar il y a du blues...comme d'habitude je regarde le pianiste, ses doigts...le regard qui s'accroche à la technique, l'oreille aux aguets des harmonies. Je sais qu'il me regarde aussi...assise seule dans ce bar la nuit, avec mes carnets d'écriture...le stylo en main, et nos regards de temps en temps se croisent...comme toujours. Le patron qui est un peu comme un vieux pote vient prendre ma commande. Comme d'habitude oui...une Caffrey's...Et cette bière qui coule et se vide dans ma gorge à peine en quelques lampées. J'écris...je repousse les dragueurs curieux, gentiment...puis fermement. La bière...surtout au bout de deux ou trois, ça fait pisser. Seul inconvénient. Je file aux toilettes... Au moment où j'entre et m'enferme, un homme entre à son tour dans le local d'aisance. Je sens son regard qui enrobe mes fesses...ma cambrure...Etrange sensation...j'avais presque oublié que sous mon jean je n'avais que des bas. Enfermée et tranquille je souris...l'homme sifflote dans les toilettes d'à côté, comme s'il craignait que sans émettre de son j'oublie sa présence. Je sors avant lui et j'ai le temps de me laver les mains vite fait avant de filer me rasseoir. Je n'ai pas vu qui était cet homme. Je n'ai pas cherché à savoir. De nouveau je souris...je savais que s'il m'avait plu et que nos regards s'étaient croisés, nous aurions fini par faire l'amour quelque part dans la nuit...dans une rue...n'importe où...comme des loups assoiffés de chair, de sperme, de cyprine et de sensualité... Cet homme, je me suis laissé aller à rêver que c'était le pianiste...Puis je suis repartie dans la nuit en souriant. Seule.
Les jambes nettes, épilées...crémées...à peine une fragrance qui flotte sur ma peau. Je retrousse le bas, pointe le pied, et il se glisse comme amoureusement dans cette gaine de soie noire...le bas remonte...tel un serpent qui viendrait se dérouler sur ma jambe, s'arrêtant juste à la limite de cette ligne tentatrice...là...à l'intérieur de la cuisse, là où la chair se fait soudain tendre et vulnérable.
Souvenir de ces soirs où le besoin de bouger me prend...ce besoin d'aller respirer l'air de la nuit...Cette fois là aussi, j'avais enfilé des bas noirs sous mon jean...rien que ça et un pull. Rien d'autre et ma peau nue...
Sans regrets.
Je ne m'appelle pas Louis
T’es quand même mon Elsa
Je ne suis pas Dali
Mais tu es ma Gala
Même si t'as un zizi
Et que je le regrette pas
Car t'es mon coup de génie
T’es ma belle verve à moi
Et même si t'as pourtant
Du long poil aux gambettes
Je suis comme Boris Vian
Quand tu es ma trompette
Je n'ai rien d'un Verlaine
Mais tu es mon Rimbaud
J’en écris des douzaines
Et tu me rends marteau
J’en écris à profuse
J’abuse mon beau museau
Oui j'en suis toute confuse
T’es ma muse mon mus'Ô !
Tu vois...tu vois...
J'ai juste envie parfois
D'un zeste de tendresse
Ton regard sur mes fesses
D'un soupçon de caresses
De sentir tes baisers
Un peu fous et mouillés
Dans mon cou se noyer
Juste quelques instants
Conjugués au présent
Loin des grands sentiments
Sans se prêter serment
Tu vois...tu vois...
J'ai juste envie parfois
De sentir sur ma peau
L'esquisse de tes mots
Qui me brûlent un peu chauds
Juste tes mains qui flânent
Sur mes courbes toscanes
"A tes hanches, Madame !"
Juste quelques instants
Conjugués au présent
Juste quelques instants
Sans futur accablant
Sans passé, au présent
Composé simplement.